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10 questions essentielles à poser à une ingénieure en aérospatiale

Marie-Michèle Siu est mentore Academos et ingénieure en aérospatial pour les Forces Armées Canadiennes. Elle évolue donc dans un milieu où la présence des hommes est majoritaire. Pour tout savoir sur son métier et recueillir les précieux conseils qu’elle aurait pour les futures ingénieures en aérospatial, nous l’avons interviewée pour toi.

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Parle avec un mentor

Academos lui a posé 10 questions essentielles sur son parcours.

1. En quoi consiste ta job?

En tant qu’ingénieure aérospatiale dans les Forces armées canadiennes, j’ai la chance d’être employée à tous les 3-4 ans dans un rôle différent. Par exemple, récemment j’ai travaillé comme ingénieur d’instrumentation de vol d’essai où je m’occupais du design, test, certification et installation d’équipement expérimental sur des avions et hélicoptères militaires, ainsi que la coordination de l’équipe composée d’ingénieurs, technologistes et techniciens. Par contre, ma première job était complètement différente: en tant qu’officier de maintenance, je supervisais 130 techniciens qui maintenaient et réparaient 25 CF-18 avions de chasse Hornet, autant lors d’exercices internationaux que lors d’opérations domestiques comme les Jeux Olympiques de 2010 à Vancouver.

2. Plus jeune, te voyais-tu dans ce métier? Si oui, ça correspond à tes attentes? Sinon, que voulais-tu faire comme métier?

Depuis que je suis une petite fille, je rêve d’être une astronaute. Puisque c’est un emploi très unique, il n’y a pas de parcours professionnel ou académique spécifique. Mes 15 années dans les Forces armées canadiennes répondent vraiment à mes attentes pour les opportunités extraordinaires d’emplois et d’éducation que j’ai eue; par exemple j’ai été commanditée pour aller étudier aux États-Unis pendant deux ans.

3. Comment es-tu devenue ingénieure aérospatiale?

Je crois que mon père, ingénieur électrique, a eu une grande influence positive sur mon choix de carrière. Il ne m’a jamais poussé à étudier en ingénierie ou aller à l’université. Il me soutenait toujours dans mes projets d’expo-sciences, génie en herbes ou compétitions de design organisées par l’ordre des ingénieurs du Québec. Alors à l’université j’ai suivi ses pas et j’ai aussi étudié le génie électrique, puis au niveau de la maîtrise, j’ai étudié le génie aérospatial.

4. Pourquoi avoir choisi l’aérospatial comme domaine d’ingénierie, et pas mécanique par exemple?

Lorsque je suis allée au Collège Militaire Royal du Canada le génie aérospatial n’était pas encore offert, et la faculté a débuté lorsque j’étais en troisième année. J’ai d’abord choisi d’étudier en sciences spatiales, mais lors de la première année j’ai changé au génie électrique parce que j’ai toujours aimé les mathématiques et étudié des applications concrètes des mathématiques.

5. Qu’est-ce qui te fait le plus triper dans ta job?

C’est de voir le résultat final après des mois d’efforts à se casser la tête pour résoudre les multiples problèmes rencontrés lors d’un projet. J’adore voir les techniciens installer des prototypes expérimentaux sur les avions militaires lorsque j’ai été impliquée dans le design des pièces, certification de l’installation et vérification de la fonctionnalité. Tout le monde (pilote, ingénieurs et techniciens) a un grand sentiment d’accomplissement et un énorme sourire aux lèvres lorsque ça marche! Puis c’est le temps de passer au prochain projet!

6. Comment a réagi ton entourage quand tu as annoncé ton choix de carrière?

Mon entourage immédiat qui me connaît bien n’a pas du tout été surpris, ils me voyaient là-dedans et étaient tous très encourageants. En fait, ils me font complètement oublier que je travaille dans un métier traditionnellement masculin.

7. À quels préjugés as-tu fait face?

Au travail je suis souvent la seule femme dans une réunion où il y a 10-15 hommes. Tous mes superviseurs, collègues et subordonnés agissent toujours de façon très professionnelle envers moi. C’est normal, car ce n’est pas nouveau d’être une femme ingénieure ; la première ingénieure canadienne Elsie MacGill (mon héroïne!) a gradué en 1923, il y a près de 100 ans. Dans mon domaine d’emploi, ce qui importe le plus, c’est tes compétences “comment tu es bon à ta job” plutôt que si tu es un homme ou une femme.

8. Quelle attitude as-tu adoptée face à ses préjugés?

Heureusement, je n’ai jamais eu à faire face à des préjugés de la part de ma famille, amis, et collègues. Au travail, je suis entourée d’autres ingénieurs en aérospatiale, pilotes de chasse, techniciens (homme et femme), alors je ne suis qu’une parmi tant d’autres. Par contre, lorsque je rencontre quelqu’un de nouveau, ils sont toujours surpris et impressionnés « wow une femme ingénieure aérospatial » et du coup ça me fait réaliser que c’est peut-être non-traditionnel.

9. As-tu eu ou as-tu encore des mentors? Pourquoi?

Je n’ai pas de mentor officiel, par contre je suis toujours à l’écoute des conseils donnés par les personnes que j’admire. Sans être trop cliché, mon mentor et fan #1 est mon père, qui est toujours là pour moi, que ce soit pour me remettre mon jonc d’ingénieur à Kingston ON, écouter défendre ma thèse de maitrise au Tennessee, USA ou présenter ma publication technique dans un journal américain a Boston, USA. Il est également présent pour me guider dans mes interrogations, me soutenir quand j’ai des doutes et célébrer mes bons coups.

10. Quels conseils donnerais-tu aux futures ingénieures aérospatiales?

Foncez! Si vous êtes curieuses de la vie, des avions, des moteurs, des ordinateurs, n’hésitez pas à étudier en aérospatiale. Les pionnières, près de 100 ans avant nous, ont déjà brisé toutes les barrières pour nous! Les femmes n’ont plus rien à prouver ou justifier notre place dans ce milieu. Chaque ingénieur aérospatial fait un travail essentiellement similaire, mais en même temps très différent. C’est un travail d’équipe passionnant qui requiert beaucoup de nouveauté et créativité.

Pour en savoir plus sur le quotidien de Marie-Michèle, contacte-la sur Academos pour discuter aujourd’hui?

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