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Catherine invite : Sylvain Carle, entrepreneur en série et associé chez Real Ventures

« Les vrais entrepreneurs ne veulent pas devenir riches. Les vrais entrepreneurs sont obsédés par une idée, par quelque chose à changer, et ils vont passer 10 ans, 20 ans de leur vie là-dessus pour que ça arrive. C’est ceux-là qui vont faire une différence dans la société. »

L’entrepreneuriat, Sylvain Carle en sait quelque chose. En plus d’avoir lui-même fondé plusieurs entreprises au cours de sa vie, il est aujourd’hui associé chez la firme d’investissement montréalaise Real Ventures et mentor-en-chef pour l’accélérateur de startups FounderFuel.

Ayant également travaillé comme évangéliste techno chez Twitter, dans la Silicon Valley, Sylain Carle est depuis longtemps reconnu comme un expert des technologies émergentes. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que notre présidente-fondatrice Catherine Légaré l’a reçu pour le troisième épisode de la série Catherine invite.

Le côté « punk » des startups

Sylvain Carle a toujours été près de la communauté des startups, notamment à Montréal. Comment explique-t-il sa passion pour cet univers?

« J’aime l’énergie, la passion que je peux voir chez [les gens qui démarrent une entreprise], dit-il. J’aime l’ambition. Il y a un côté aussi très optimiste [aux startups], des fois peut-être trop, mais en même temps, ça prend ça. Moi, j’aime mieux trop d’optimisme que trop de pessimisme, tant qu’à choisir! »

« Et je trouve que c’est un peu punk, ajoute-t-il en souriant. Pour moi, (…) il y a un côté un peu « musique indépendante ». Ce n’est pas nécessairement mainstream, ce n’est pas grand public, les startups, au départ. Elles essaient de faire quelque chose d’un peu spécialisé. Mais si elles réussissent, elles ont une grande portée et de grands résultats, alors j’aime cette combinaison. »

Un bon pitch n’est pas suffisant

Chez Real Ventures, Sylvain Carle a entre autres la lourde tâche de devoir choisir dans quelles startups investir. Sur quoi son équipe et lui se basent-ils pour juger qu’une entreprise est plus prometteuse qu’une autre?

« Puisqu’on investit très tôt, on va chercher la combinaison du savoir-faire dans l’équipe — soit une compréhension d’un secteur ou d’une industrie qui est vraiment approfondie —, la dynamique de cette équipe-là, un produit technologique et un marché avec un grand potentiel, explique-t-il. Souvent, on voit des super bonnes équipes avec un bon produit, mais dont le marché n’est pas assez grand pour que ça fonctionne dans la mathématique du capital de risque. »

Il ne suffit donc pas d’un bon pitch pour convaincre Sylvain Carle.

« Un bon pitch, ce n’est qu’une compréhension claire des spécificités de ce qu’on fait, mais c’est le début, ce n’est pas une finalité en soi », mentionne-t-il.

Selon l’entrepreneur en série, tout le monde gagnerait à s’inspirer des façons de faire des startups, particulièrement en ce qui a trait à la méthode « agile ». Cette dernière consiste, grosso modo, à tester ses hypothèses avant de passer à l’action et à constamment adapter son projet pour l’améliorer.

Un Québec ambitieux

Par ailleurs, on entend parfois que les Québécois manquent d’ambition. Mais pour Sylvain Carle, cette croyance est tout à fait désuète.

« Je pense que c’est une conception historique, mais que ce n’est plus vrai aujourd’hui », affirme-t-il.

« On a eu un changement culturel important au cours des dix dernières années. On le voit quand on regarde l’Indice entrepreneurial : l’intention d’entreprendre est en très forte croissance. L’autre indice, qui est celui de passer de l’intention à l’action, est en croissance aussi, notamment parce qu’il y a plus de moyens, plus de ressources, plus d’accompagnement [en entrepreneuriat]. (…) C’est un choix de carrière de devenir entrepreneur aujourd’hui. »

Selon Startup Genome, qui évalue les écosystèmes de startups à travers le monde, « le niveau d’ambition à Montréal est plus élevé que la moyenne [mondiale] », souligne même Sylvain Carle.

« C’est une bonne nouvelle, mais la réalisation de ces ambitions-là n’est pas encore au même niveau que dans les 20 meilleurs écosystèmes dans le monde, ajoute-t-il. C’est pour ça que je dis qu’il y a un grand potentiel, que l’ambition est là. Après, il faut se donner les moyens et il faut aussi être patient. »

Pour entendre Sylvain Carle parler davantage d’entrepreneuriat et de numérique, et découvrir qui est sa plus grande source d’inspiration, il faut écouter la vidéo!

Épisode 1 : Catherine invite Marie Amiot, présidente-directrice générale de La Factry
Épisode 2 : Catherine invite Jenny Ouellette, fondatrice de BonBoss.ca

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