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La question qui fait vivre

Aujourd’hui, nous bouclons la boucle. Au mois d’octobre, nous avons tenté d’en savoir un peu plus sur les cybermentorés, ces jeunes de 14 à 30 ans qui se connectent à Academos afin d’en apprendre davantage sur un métier. Ensuite, au mois de novembre, nous avons abordé la question de l’écoute dans le cybermentorat. Tout un défi, mais qui vaut la peine d’être relevé! Puis, décembre et les lumières des fêtes nous ont fait prendre une petite pause. Au mois de janvier, nous sommes revenus en force avec la question de «l’aide aux devoirs». Une chronique qui a suscité des commentaires, et qui répondait, croyons-nous humblement, à certains questionnements chez les cybermentors. Ce que ces trois chroniques ont en commun, c’est qu’elles tentent de définir les contours de la relation mentorale. Qui sont les jeunes? Que cherchent-ils? Comment mieux les écouter, les aider? Nous terminons donc un tour de piste, avant d’entrer dans un autre thème pour la prochaine chronique, qui sera publiée vers la fin mars.

Nous aborderons cette fois l’art de questionner nos cybermentorés. Ce sujet est relié à celui de l’écoute, et provient de deux constats. Le premier; les cybermentors explorent peu ce rôle, qui consiste à questionner. En effet, si les mentors partagent facilement leur expérience et font généralement preuve d’écoute envers leurs mentorés, on remarque que les questions aux mentorés sont moins fréquentes, voire absentes des communications. Le deuxième constat, est qu’il n’est pas toujours évident de questionner un jeune que l’on ne connaît pas, dans une relation qui s’établit par écrit.

Cependant, questionner est important, car cela permet à la relation de se poursuivre et de montrer qu’on s’intéresse à l’autre. Si le jeune réfléchit à votre question, il vous reviendra probablement avec une réponse, et l’échange se poursuivra. On sort donc ici d’une relation uniquement basée sur un adulte qui transmet de l’information, mais sur une relation affective importante où le mentor devient un guide, et où l’écoute et les questionnements prennent place.

Voici deux aspects à retenir :

1. N’hésite pas à me revenir si tu as d’autres questions : Vous reconnaissez cette phrase? Elle conclut bien des messages écrits par les cybermentors. Oui, ceci est une belle façon de terminer un courriel et montre une ouverture de votre part. Cependant, pour une jeune de 15 ans à la découverte d’elle-même, cela n’est pas assez précis. Cette phrase ne l’incitera probablement pas à vous revenir. Il faudrait davantage terminer par une question concrète. Par exemple…

2. Poser des questions ouvertes et précises : Une question ouverte incite l’autre à s’expliquer, à se dévoiler, ou à engager la discussion comparativement à une question fermée. Par exemple : «Est-ce que cela te dérangerait de rester au bureau jusqu’à 19 h pour terminer un communiqué de presse?» pourrait être répondu simplement par «oui» ou «non». Mais écrire quelque chose comme : «En tant qu’agente de communications, tu devras parfois rester au bureau afin de terminer un communiqué de presse important pour l’entreprise que tu représentes. Comment te sens-tu par rapport à ça? Que fais-tu de tes soirées et de tes fins de semaine? Es-tu quelqu’un qui tient absolument à s’adonner à ses loisirs à partir de 16 h 30?» On voit ici un mixte de questions ouvertes et fermées, cependant, il y a une chance que ces questions incitent l’étudiante à vous revenir.

Ce sont, encore une fois, de petits trucs. Vous le savez comme moi, nous n’avons pas le contrôle sur tout. Il se peut que malgré votre bonne volonté, votre cybermentoré ne vous réponde pas de façon détaillée, ou ne vous réponde pas du tout. Cela peut être le cas pour différentes raisons; le jeune a mal saisi son rôle en tant que mentoré, il vit une situation personnelle qui fait en sorte qu’il est moins disponible, il ne se sent pas prêt à répondre à votre question, etc.

Cependant, le jeu en vaut la chandelle. Dans mon titre, je parle de la question qui fait vivre. Évidemment, nul besoin de se prendre trop au sérieux. Toutefois, je crois sincèrement que certaines de vos questions feront vivre les jeunes. En leur demandant de vous expliquer pourquoi ils aiment dessiner, construire, comprendre ou enseigner…vous les ferez réfléchir sur eux-mêmes, vous leur permettrez de mieux se connaître et de prendre confiance en leurs moyens. L’estime de soi est importante, et elle se bâtit. Quand quelqu’un prend le temps de nous demander «qu’est-ce qui te plaît dans ton travail?», on réalise qu’on a de la valeur, et que notre opinion et nos intérêts comptent.

En terminant, nous aimerions savoir; comment se fait-il que, dans bien des cas, aucune question n’est posée au cybermentoré? Est-ce un défi de trouver, à l’intérieur de ce que les jeunes écrivent, des éléments sur lesquels les questionner? Ceux-qui questionnent les jeunes, qu’en retirez-vous? Vers quoi la relation mène-t-elle?

Merci et au plaisir de vous lire!

Hélène Rochon
Agente de développement – Estrie
Academos Cybermentorat

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