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Entrevue avec Laurie, une mentore qui a choisi un métier non traditionnel

Depuis son adolescence, Laurie Dezainde-Dubuc travaille dans un domaine majoritairement masculin : la mécanique. Malgré les barrières sur le marché de travail et les préjugés, quant à son choix de métier non traditionnel, elle s’est tissé une place dans ce milieu! Elle a répondu à nos questions sur son parcours! 

Comment avez-vous commencé à travailler dans un garage?

Quand j’étais en 5e secondaire, je ne savais pas trop ce que je voulais faire. Je cherchais en même temps un emploi étudiant. Je suis tombée sur une offre d’emploi dans un garage de changement d’huile rapide.

J’ai appliqué en ligne sans avoir d’expérience, ni même de connaissance dans le domaine. Quelques minutes plus tard, j’ai eu un appel pour une entrevue. Le lendemain, le gestionnaire m’annonçait que j’avais le travail.

Vous avez choisi de poursuivre votre parcours académique avec la formation professionnelle en mécanique automobile, avez-vous eu des commentaires de vos proches par rapport à votre choix de métier non traditionnel? 

Non, et je dirais même que j’ai vraiment eu le support de mes parents et de mes amis. Je n’ai eu aucun jugement de leur part.

Là où je me suis sentie jugée, c’est plutôt par rapport au fait que je choisisse une formation professionnelle. J’allais dans une école privée et on nous poussait beaucoup à aller au cégep et même à l’Université… Au moment de mon choix, j’ai eu l’impression que c’était peut-être moins bien perçu de la part de mon milieu scolaire.

En faisant ce choix de métier non traditionnel, avez-vous fait face à des obstacles sur le marché du travail? 

Oui, au moment de mon premier vrai emploi comme mécanicienne, on m’a clairement dit que ma force physique était un obstacle.

D’abord, il faut savoir que quand on commence en mécanique on fait d’abord des jobs de changement de pneus et de changement d’huile, pour acquérir de l’expérience avant de se faire donner des tâches plus importantes.

De mon côté, j’ai toujours senti que dans ce garage je ne me faisais jamais donner des tâches plus importantes, et ce malgré le fait que je démontrerais que je pouvais le faire!

Après une rencontre avec mon gestionnaire pour parler de mon futur, j’ai compris qu’il ne me donnait pas des jobs  plus difficiles parce qu’il croyait que  je n’étais pas assez forte.

C’est à cause de cet événement, que je me suis réorientée comme conseillère technique.

Que pensez-vous de la force physique, est-ce que c’est réellement un obstacle pour une femme en mécanique? 

Je suis vraiment en désaccord. En tant que mentore Academos, je reçois souvent des messages de filles qui me demandent si ça prend de la force physique.

Ma réponse est toujours la suivante: l’important, c’est d’avoir les bons outils et la bonne technique! Avec ça, tu peux faire n’importe quoi! Je ne me considère pas comme une personne forte, mais ça ne m’empêche pas de travailler sur ma voiture!

D’ailleurs, c’est avec la formation qu’on apprend les bonnes techniques. C’est ça qui fait la différence!

Avez-vous l’impression que les gens vous jugent parfois parce que vous êtes une femme dans un domaine non traditionnel? 

Présentement, je travaille chez Transports Canada comme enquêtrice de défaut automobile et je ne ressens vraiment aucun préjugé. On est une petite équipe et nous sommes comme une famille!

Par contre, quand je fais affaire avec des personnes externes de l’organisation, j’ai l’impression qu’il y a certains préjugés à mon égard, jusqu’au moment où je montre que je sais ce que je dis et ce que je fais.

Je dois dire que parfois je pense que ce sont aussi mes propres perceptions. Depuis le début, je me fais dire que parce que je suis une femme «ça va être difficile». On finit parfois à se créer des préjugés nous-mêmes!

Avez-vous eu des mentors pendant votre parcours? 

Oui! Une professeure que j’ai connue lors de ma formation, qui a fait une grosse différence. Elle était un exemple concret d’une femme qui exerce un métier non traditionnel, dans un milieu d’hommes. Elle m’a montré à ne pas avoir peur et à me faire confiance, ça a vraiment eu un impact sur moi.

 

Tu penses toi aussi à te diriger vers un métier non traditionnel et tu aimerais poser plus de questions à Laurie? Inscris-toi sur Academos pour parler avec elle ou avec d’autres mentors!

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