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Comment accompagner les jeunes dans un choix de métier non traditionnel?

Quand vient le temps de faire un choix de carrière, la plupart des jeunes se posent de nombreuses questions. C’est le cas notamment des jeunes qui s’intéressent à des métiers issus de la formation professionnelle ou quand vient le temps de choisir un métier non traditionnel (soit où l’on retrouve moins de 33% d’hommes ou de femmes), car ces métiers sont parfois associés à des stéréotypes négatifs. Pour vous aider à mieux répondre aux questions des jeunes qui s’intéressent à ces métiers, voici l’expérience de Zak enquêteur de défauts automobiles, mentor depuis 4 ans, membre du comité ambassadeur d’Academos et anciennement mécanicien.

Quelles sont les questions les plus fréquentes que tu reçois en lien avec ton métier non traditionnel ?

 1. Est-ce que je dois être forte pour être mécanicienne ?

2. Est-ce que je dois travailler plus fort pour prouver que je suis aussi bonne que les gars ?

3. As-tu déjà eu des difficultés d’intégration/fait face à de la discrimination parce que tu étais une femme en mécanique ?

 Comment y réponds-tu?

« Non, il ne faut pas être forte pour être mécanicienne. La force n’a rien à voir avec le métier. En complétant le DEP en mécanique, on apprend à utiliser les bonnes techniques et les bons outils afin de faire les réparations correctement sur les voitures. Il est vrai que le métier est très physique, mais cela ne veut pas dire qu’on doit avoir une grande force physique pour l’exercer. »

 « Non, tu n’as pas à travailler plus fort que les gars pour prouver que tu mérites ta place dans un poste de mécanicienne. Tout le monde est là pour faire de la mécanique et en faisant bien son travail il n’y a pas de raison que quelqu’un remette ton travail en question. » 

 « Non, je n’ai jamais vraiment eu de difficulté d’intégration. Ça s’est toujours bien passé dans mes équipes de travail, parce que justement j’adore ce que je fais et je le fais bien. J’ai eu de la chance de tomber sur des équipes de travail extraordinaires dans ma carrière qui m’ont toujours donné l’impression de faire partie d’une petite famille. De la discrimination j’en ai vécu, mais seulement dans un emploi en début de carrière. Je me suis fait dire par mon gestionnaire qu’il ne me donnait pas certains types réparations, car il croyait que je n’avais pas assez de force physique. Encore une fois ici on reprend un des stéréotypes principaux évoqués par les filles qui me contactent sur la plateforme. Malheureusement pour moi cela a été difficile à entendre à l’époque. Par contre, je n’ai jamais fait face à des commentaires de ce genre dans mes emplois subséquents. J’ai même réussi à avoir de plus grandes responsabilités dans ceux-ci. »

Qu’est-ce qui préoccupe le plus les jeunes face à un choix de métier non traditionnel?

« Je crois que c’est la peur de se faire juger, de ne pas faire sa place ou d’avoir du mal à s’intégrer sur le marché du travail. J’entends souvent les mêmes questions comme celles élaborées plus haut par rapport à la force requise pour exercer le métier. Il y a aussi la peur de ne pas être valorisé.e autant que les gars sur le marché du travail. » 

Est-ce que les stéréotypes en lien avec un métier non traditionnel freinent les jeunes?

 « Oui, absolument. Je crois qu’il y a encore beaucoup de filles qui se font dire ou qui pensent qu’elles ne peuvent pas être mécaniciennes. Les questions que je me fais poser viennent d’élèves de 14 ans des fois, alors on voit que les stéréotypes sont bien enracinés à un très jeune âge. Je crois que ça fait en sorte que certaines personnes vont complètement écarter les métiers non traditionnels sans les explorer davantage, car elles ont peur du jugement qu’elles vont recevoir si elles font ce choix-là. »

Est-ce que c’est difficile de conseiller les jeunes quant à ce sujet? 

« Non, car souvent je suis en mesure d’apaiser leurs peurs en partageant ma propre expérience, qui est somme toute très positive si je regarde l’ensemble de ma carrière. »

Comment réussis-tu à encourager les jeunes?

« Je partage mon expérience positive dans ce métier et je leur donne des conseils afin qu’elles puissent explorer le métier. Par l’entremise d’élèves d’un jour par exemple. »

Quel est ton meilleur conseil pour les jeunes qui se posent des questions? 

« Si un métier vous intéresse, allez l’explorer. Faites élève d’un jour pour en apprendre plus sur le programme et possiblement avoir de l’expérience pratique. Si vous êtes assez vieux, vous pouvez vous trouver un emploi en mécanique (c’est ce que j’ai fait à 16 ans durant mon secondaire cinq). Vous allez pouvoir essayer le métier et rencontrer des gens qui sont passionnés aussi. Moi c’est ce qui m’a encouragé à m’inscrire au DEP en mécanique et à poursuivre une carrière dans le domaine de l’automobile. »

 « Aussi, c’est important de savoir que le DEP en mécanique ouvre les portes à d’autres emplois aussi comme conseiller.ère technique et commis aux pièces par exemple, donc il faut savoir qu’on n’a pas à être mécanicien.ne toute notre vie pour travailler dans le domaine de l’automobile. Dans ma carrière, j’ai occupé une panoplie de postes différents et ça m’a permis de gagner de l’expérience dans différentes sphères du domaine. »

Comment encourages-tu les jeunes à poursuivre un choix de carrière même s’il s’agit d’un métier non traditionnel?

 « Il ne faut pas avoir peur de l’essayer. Les femmes sont de plus en plus présentes dans le domaine de l’automobile. Vous ne devriez pas avoir peur de foncer si c’est un métier qui vous intéresse. Si c’est une passion, vous allez vous épanouir au travail. C’est vraiment un métier extraordinaire qui offre plein de possibilités. Il y a beaucoup de demandes dans ce métier, donc le placement se fait rapidement sur le marché du travail. »

Comment aides-tu les jeunes à s’ouvrir et à discuter avec toi?

« Je leur pose des questions sur ce qui les motive à aller en mécanique automobile. Souvent ils et elles me disent qu’ils et elles ont déjà fait un peu de mécanique avec leurs parents. Alors, je leur pose des questions sur ce qu’ils et elles ont fait spécifiquement comme réparations. Ça valide le fait qu’ils et elles ont déjà cette expérience-là même avant de commencer le DEP. Ils et elles aiment beaucoup partager ces expériences. Ce sont souvent de beaux moments en famille donc ils et elles sont fiers de les partager. » 

En espérant que l’expérience de Zak vous soit utile dans vos échanges sur Academos avec les jeunes. Si vous avez des questions pour notre équipe ou des suggestions de contenus que nous pourrions rédiger pour vous aider dans vos relations de mentorat, n’hésitez pas à écrire à Frédérique : ftrinh-renaud@academos.qc.ca

 

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